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Article n°4 # Une manière de sortir gagnant de toutes situations, pensez « humain »

Un moyen pratique de baisser la pression : Faîtes-vous confiance

  Comme prévu, le VAN avale les kilomètres avec une aisance incroyable. Les douze degrés annoncés se sont transformés en vingt-deux degrés à l’intérieur du véhicule, et le soleil nous révèle une Écosse aux paysages variés. Nous voici au fabuleux camping de MortonHall d’Édinbourg. Dès l’arrivée, nous sommes sous le charme du lieu et l’annonce du tarif renforce en nous la conviction qu’ici, nous allons être heureux. Il y a tout ce qu’un campeur peut rêver de mieux : des toilettes, des douches chaudes, un grand évier pour faire la vaisselle avec des robinets séparés pour l’eau froide et l’eau chaude, un emplacement sur un tapis d’herbe épaisse et tondue en carré, et des gens normaux qui se promènent en pyjama. Une sorte de confort s’installe en moi, que je peux comparer à celui qui me prend par la main à la lecture d’une bande dessinée. Elles sont uniques par la perfection de leurs dessins et le paysage devant moi se fige en images que je peux faire défiler aux grès de ma volonté. La beauté parfaite est reposante, rien ne doit être changé, rien ne pourrait l’être de toute façon. C’est sensible, chaque contour est tiré dans un geste idéal et les couleurs sont si veloutées qu’on les souhaiterait comestibles.
Nous respirons enfin le grand air, et tout le monde rêve d’une bonne douche pour se requinquer, sauf Robin qui proteste : il a aperçu d’autres enfants galoper vers une petite structure de jeux, et fixe son attention dessus comme si sa vie en dépendait. Il prend son air de petit-enfant maltraité :

– Je vais jouer, et après je prendrai la douche.
– On fait l’inverse Robin, d’abord la douche. Répondis-je en marque de confiance.

Attention, bouchons d’oreilles ! Il fait la moue de celui qui va pleurer, et, pleure immédiatement. L’homo-scientificus tente de faire passer ce petit écart de conduite avec douceur faisant simplement tinter l’habituel chapelet de consignes : « Robin, tu fais ce qu’on te dit, souviens toi des règles dans le bateau, tu étais d’accord, tu pourras aller jouer après, nous ne sommes pas en train de te punir »… Il n’entend rien car ses propres cris l’assourdissent. Je n’entends rien non plus, mais cela ne m’arrête pas, je connais le chapelet par cœur, et je récite l’incantation à voix basse tout en décrivant des cercles convulsifs avec mon corps et balançant à bout de bras un encensoir imaginaire. L’étonnement de l’enfant provoque parfois l’arrêt instantané de sa négociation. Mais pas cette fois-ci et très rapidement, une nouvelle occasion se présente pour Adam de faire reluire son blason du chevalier  » qui va jusqu’au bout ». La formule incantatoire ayant un effet assez modéré, Adam change se tourne vers moi :

– Changeons de protocole et essayons une potion. 

La connivence fonctionne instantanément. Nous nous métamorphosons en épouvantables personnages, le capitaine devient tout blanc et ridé, mes ongles poussent et mes cheveux gras se cachent sous un chapeau pointu.

–          Oui ! Allons chercher des yeux de crapauds et des poils d’araignée !

–          On lui fera boire pendant qu’il fait la sieste et il n’y verra rien…

–          Bonne idée ! Il dormira toute la journée pendant que nous visiterons les châteaux de chevaliers, dans la grand’salle du château, nous pourrons ripailler goulûment pendant que les gueux sont endormis !

–          Amenez les sangliers au miel ! Et faites venir les vilaines qu’elles dansent et amusent le roi !

–          On va bien s’amuser tous les deux ensembles ! Et on sera peinard !

Il s’est arrêté de pleurer tout net. Parfois l’improvisation fonctionne. 

#Evite-mon-écueil, 3 règles :

  • Règle n°1 : Improvisez ! ça fonctionne…
  • Règle n°2 : Ne jamais sous-estimer l’audition du petit gueux, il a l’ouïe fine, et sait bien faire tourner ses pauvres parents en bourrique. 
  • Règle n°3 : toujours se souvenir de la règle n°2 …

Hypnotisés, nous partons machinalement nous doucher.  En camping, c’est toujours un moment délicat, et la première question est de savoir si les sanitaires sont propres, ensuite les questions plus secondaires : Sont-ils chauffés et efficacement aménagés ? Dans une aventure aussi éprouvante physiquement, un peu de réconfort est toujours le bienvenu.

En ouvrant la porte d’entrée du local, je sens tout de suite le chauffage me caresser le visage, l’endroit est clair et propre : super !  Les douches sont rangées les unes à côté des autres, simplement séparées par une fine cloison étanche qui ne touche pas le sol. L’idée est simple, il suffit de se déshabiller, se doucher, et enfiler un vêtement de change, un geste d’hygiène que nous effectuons quotidiennement sans même y penser.

Je m’aventure à l’intérieur de l’une d’elle, l’espace est un peu exigu mais une zone de deux mètres carrés devance le receveur de douche et son rideau tissu. Bien pensé pour se changer, même si la locataire précédente a littéralement inondé le sol.  Baissant le regard, et m’amusant de cette pataugeoire, je découvre les kilogrammes d’herbe et de terre ventousés aux semelles de mes chaussures.  Cette mélasse se dissout tranquillement sous mes yeux, formant ainsi un mini Gange, pile là où je vais me déshabiller.  Heureusement, la porte une fois fermée laisse apparaître un minuscule crochet pour suspendre les vêtements de gens lilliputiens (encore eux !).  Il va m’être bien utile pensais-je à ce moment-là. J’y accroche mes vêtements de rechange. T-shirt, gilet polaire, ça tient, pantalon qui a plus de mal à trouver son équilibre, soutien-gorge en soie de Chine qui grâce à sa fine bretelle ne pose aucun problème, et enfin culotte assortie : la goutte d’eau qui fait déborder le vase.  Le tas tout entier s’écrase au sol, et absorbe immédiatement les trois-quarts du Gange :

– Oh NON ! … Dis-je en soufflant par les narines

– Faut que je retourne au camion chercher d’autres vêtements maintenant.

D’un mouvement brutal, je tire la porte et tombe nez à nez avec une future locataire, au physique plutôt imposant, qui attend son tour, elle n’a visiblement pas l’intention de passer le sien.  Jetant un coup d’œil circulaire, je constate en effet que toutes les autres douches sont occupées.  Je tente un sourire, auquel elle me répond gentiment par un levé de sourcil, qui en disait long sur ses attentes en matière de propreté.  Sans réfléchir, mes affaires trempées sont retirées du sol, posées sur le plan des éviers, qui se trouve, de fait, sali à son tour.  Mal à l’aise, je cours à l’angle de la pièce me saisissant du balai serpillère et de son seau d’eau, tiré du Gange lui aussi, pour éponger ce qui reste sur le sol de la douche.  Aucune chance de rendre le sol propre avec ce jus, mais la dame qui fait peur s’impatiente. J’ignore l’ensemble et poursuis : on dirait que j’ai fait ça toute ma vie !  Je suis rapide et efficace, même si le sol est toujours marron, il est marron plus clair quand même.

Je sens bien que j’ai attiré l’attention sur moi, et je décrète que le seul moyen de garder la tête haute devant les sept supers ménagères allemandes de moins de cinquante ans, catégorie quatre-vingt-quinze kilos, c’est de reposer le « panier moyen au rayon ».  Paniquée, je vais maintenant soigneusement éviter les regards en allant reposer tout ce petit monde-là, à sa place, deux enjambées et je déplace mes haillons du bout des doigts pour essuyer le plan avec une éponge laissée-là.  Le tour est joué, ne regardant personne, je déserte le champ de bataille tête basse.

J’ai attendu environ quinze minutes avant de retourner dans la tranchée. Déjà je ne voulais pas y recroiser les soldates au regard affamé de gens lilliputiens, et puis, il fallait que la pression descende d’un cran.  Ce temps est mis à profit dans une nouvelle stratégie : je n’ai qu’une paire de brodequins, mais ils sont rincés-cirés promptement, de plus, un sac en bandoulière transportera vivres et rechanges, une cartouchière de shampoing, après shampoing, produit anti-frisotti, gel douche pour le corps, gel nettoyant pour le visage, crème anti-ride pour aller au front, crème antirides pour les yeux finiront l’ensemble. Bref l’essentiel, rien que l’essentiel.  D’un pas décidé, je repars la fleur au fusil et croise sur le chemin mes deux hommes avec leur bardât qui s’en sont bien tirés :

– Mais tu ne t’es pas encore douchée ma chérie ?

Mes oreilles étaient étanches aux sons à ce moment là et je passe mon chemin sans donner plus d’explication.  Je traverse le champ et atteins facilement l’antre des sanitaires. Je plonge dans une ambiance suffocante, les vapeurs chargées de parfums tapissent murs et miroirs, le sol miné de flaques d’eau est très glissant et la visibilité quasi nulle.  Ces écrans de fumée me ralentissent, mais ne m’arrêtent pas, et puis, ils ont l’avantage de me rendre non identifiable.  J’entrevois seulement quelques membres, un bras, un pied peut-être ?  Ou, sont-ce les bois d’un cerf ?  Traversant la pièce pour atteindre une douche libre, je laisse de côté les consonances germaniques qui me rappellent ma mère et parviens à me hisser jusqu’à la douche tant attendue !  J’entre et je ferme la porte à la volée.  Le barda est trop gros pour tenir sur le crochet minuscule, mais le sol toujours inondé ne se transforme pas en Gange.  Je positive : un ébranlement innovateur me traverse l’esprit, et je passe toutes mes affaires par-dessus la cloison qui tiennent à califourchon tout simplement !  Je suis sauvée, et je me régale de cette douce chaleur qui m’enveloppe.  Mon corps, mes cheveux, mon visage et mon esprit se contentent d’un shampoing bon marché qui sent l’eau bénite comme purificateur !  Et voilà, juste un peu d’eau chaude et la joie vous étreint.

#Evite-mon-écueil : faites preuve de sens pratique ! L’évidence est peut-être sous votre nez

Lorsque que je reviens au camp de base, je découvre un repas frugal disposé sur la table de camping, à l’extérieur du Van.  Que c’est adorable de leur part !  Nous mangeons dans la hâte pour enfin d’atteindre l’objectif affiché, visiter la ville d’Édimbourg et son fameux château.  Nous partons zen et légers, veste sur le dos, un sac contenant une bouteille d’eau, un peu de monnaie, et l’oiseau de GPS, surtout rien de superflu.

L’accès à la ville se fait très aisément grâce à un autobus qui nous attendait juste devant l’entrée du camping.  Le tourisme étant très développé en Écosse, les bus offrent l’accès WIFI gratuit, ce qui donne quinze minutes de trajet pour valider la route empruntée par GPS, et nous faire descendre au bon arrêt. Effectivement, cela se transforme vite en jeux de piste, lorsqu’on se rend compte que les noms des arrêts ne sont indiqués nulle part !  Pas de plan de ligne dans le bus, pas de panneau.  Dans ce cas seulement deux options se présentent à vous : Soit vous simulez, feignant de connaître les lieux et prendre l’air de « celui à qui on ne la fait pas puisqu’il est du coin ».  A l’approche de l’arrêt vous sortirez de votre siège, sans même jeter un œil dehors, ne vacillez pas, toujours avec classe et nonchalance. Laissons le soin aux gens du peuple d’appuyer sur le bouton « je voudrais descendre à la prochaine svp », drapons-nous dans notre foulard tout parfumé avec les écouteurs de l’IPhone XL dans les oreilles, puis sortir du bus.  C’est tout un art. Ou bien, deuxième option, avoir un GPS et rester le nez dedans tout le trajet, ce qui donne une version numérisée des paysages.

Le temps du trajet, je me laisse porter par une profonde divagation sur l’ère numérique dans laquelle nous évoluons, me rendant compte que le GPS bien que très utile en principe, nous ampute d’une part de liberté, en ce sens qu’il repose sur une technologie si efficace que notre libre-arbitre notre imagination deviennent finalement optionnelles.  C’est un petit peu comme avec les appareils photo.  Depuis l’arrivée du numérique (il faut déjà avoir un certain âge pour penser comme cela) nous prenons beaucoup plus de photos, puisque nous obtenons l’image voulue instantanément.  Par opposition aux modèles argentiques, ou l’image se méritait.  Réglages, iso, obturateur, mise au point, il ne fallait pas bouger sous peine de flouter l’image, et en plus on ne s’en rendait compte qu’au développement, c’est-à-dire après avoir pris sa voiture pour aller chez un photographe, qui n’a forcement pas de place de parking devant sa boutique, et qui vous promettait vos clichés soigneusement posés sur papier brillant un mois plus tard :

–     Ça vous f’ra quarante-trois francs cinquante s’il vous plaît ma p’tite dame !  Vous annonçait-il comme si vous veniez acheter un bifteck.

Aïe !  Oui, on réfléchissait à deux fois avant d’enfoncer le déclencheur.  De fait, de nos jours, j’ai le sentiment que nous avons virtualisé notre vision, finalement, nous vivons pas mal de choses à travers nos écrans.  Nous croulons sous une multitude de souvenirs, pris en cinq exemplaires à chaque fois : personnellement, malgré au moins dix années de pratique sous argentique, j’ai toujours peur que la photo précédente soit mal prise, allez savoir pourquoi !  J’ai constaté à plusieurs reprises que si l’évènement me tient à cœur, alors là, j’en prends une dizaine dans un geste compulsif sensé combler la peur de manquer. Manquer, manquer !  Mais manquer de quoi non de Zeus !  Par ailleurs, je ne peux négliger l’étape suivante, ordinateur et autres disques durs externes sont saturés et il faut : trier, supprimer, classer les cinq mille images qui pèsent chacune 5 méga (il est convenu de ne rien prendre en faible définition bien évidemment). Donc, si je refais les comptes, le gain financier est indéniable, mais le temps passé à classer et acheter des disques externes, vaut bien le temps de trajet pour aller chez le photographe.

L’art de lever les yeux : regardez autour de vous. Il y a des gens

Nous descendons du bus devant le château, j’interpelle Adam :

– Merci, de nous avoir guidé, nous aurions manqué l’arrêt sans toi, même si c‘est un peu dommage que tu aies raté ces magnifiques paysages tous plus sublimes les uns que les autres.

– De rien, fallait bien que quelqu’un repère un minimum les lieux ! dit-il en me visant directement.

– Sinon il y a des « gens » à qui nous pouvons nous adresser poliment, je suis sûre qu’ils nous renseigneraient bien volontiers.

– Pourquoi tu ne l’as pas fait alors ? dit-il sans ajouter « petite maligne ».

– Un point pour le Capitaine qui reprend le lead dans la course qui n’existe que dans ma tête. C’est à ce moment-là, il me semble, que je réalise à quel point l’objectivité est toute relative. 

Une tension, traduite par de l’inconfort me gagnait, sans que je sache encore en trouver les causes.  Mais quelque chose clochait dans tout ça.  Où était passé mon sentiment de bien-être ?

Adam est le seul à avoir accès à Internet, car nous ne parvenons pas à partager la connexion entre son téléphone et le mien, ce qui signifie en clair, que je ne peux pas l’aider à nous orienter. Il décide alors sur-le-champ, de se rendre dans une boutique qui vend des cartes d’accès internet, pour résoudre ce petit problème technique.  Il passe momentanément à mes yeux l’anthropo-consommateur qui ne parviens pas à se détacher du matériel pour atteindre le bonheur. Seulement, selon l’invariable loi de l’informatique : « Un problème en entraîne un autre, et est souvent à l’origine d’une cascade de nouveaux problèmes », une heure est passée dans la boutique sans résultats.  Il n’en fallait pas plus pour mettre le capitaine hors de lui ! Nous en resterons là en ce qui concerne ce sujet qui est désormais totalement tabou.  Il faut croire que « la technologie au service du bien-être » est un concept coûteux, dont on apprend le montant au péril de sa propre expérience.

#Evite-mon-écueil : Avant le départ, prévoyez de pouvoir vous passer des connexions pour vous orienter ! Les cartes c’est rigolo à utiliser.

Nous poursuivons notre chemin vers le château.  Directement tombés sur les rangs de caisses grâce aux panneaux d’indication, nous nous apprêtons à acheter nos billets d’entrée pour la visite du site :

– Cinquante-trois euros et cinquante cents, s’il vous plaît. Annonce l’hôtesse d’un trait et dans un anglais typiquement écossais auquel je n’ai rien compris.

– Combien ? Demandais-je à Adam

– Cinquante-trois. Me répondit-il clignant d’un seul œil.

– Ah ? En fait quand on ne les réserve pas à l’avance ça coûte plus cher, nan ?

L’hôtesse habituée aux touristes interloqués nous coupe tout de suite et parle fort dans son hygiaphone :Sinon vous avez le Pass trois jours « explorer famille, deux adultes plus un enfant de plus de 7 ans », ou le Pass sept jours « Grand Explorer famille, deux adultes plus un enfant de plus de 7 ans » pour seulement quatre-vingt euros et vous pouvez visiter soixante-dix-sept attractions réparties en Écosse.

– Qu’est-ce qu’elle dit ? Demandais-je en insistant.

– On peut avoir un forfait pour quatre-vingts euros, soixante-dix-sept visites.

– On y va ? Rajoute l’Angelot

Notre temps de réflexion n’est pas fini, et l’hôtesse nous coupe à nouveau, elle baisse le ton, s’approche de son micro et nous fait un clin d’œil :

– Regardez-moi s’il vous plaît, pour moi vous êtes dans la catégorie sénior plus de soixante-trois ans, et votre enfant à moins de cinq ans, ok ? Imitant ainsi le tour de passe-passe d’un certain Jedi avec la main.

– Non, il a sept ans et nous ne sommes…

– IL A MOINS DE CINQ ANS, ok ? Dit-elle en insistant du regard.

Un peu longs à la détente, nous commençons à comprendre où elle veut en venir sans en être tout à fait sûr :

– Ça vous fera donc, soixante-trois euros, pour soixante-dix-sept attractions possibles en sept jours, et le petit a moins de cinq ans. Soit une remise de dix-sept euros.

Á peine croyable !  Nous voilà à Marseille !  Nous sommes heureux d’avoir brillamment négocié nos tickets d’entrée, et en Anglais d’Écossais s’il vous plaît !  On forme vraiment une belle équipe cette fois-ci, même totalement désorganisés, nous avons fait un bénéfice !

Nous progressons, fringants. Le site est vaste, et plein de touristes de tous horizons.  Nous prenons le temps d’apprécier chaque endroit et passons un moment intemporel. Nous observons les troupeaux d’appareils photo qui promènent leurs propriétaires un peu partout.  Adam se régale lisant chaque pancarte explicative en anglais et nous traduit l’ensemble avec patience.  Robin enregistre l’histoire de l’écosse dans sa mémoire interne. Tout est au poil !  Et maintenant que nous avons notre Pass à soixante-trois euros, nous allons pouvoir varier les plaisirs. Nous poursuivons notre chemin après un demi-litre de bière chacun, un coca avec paille pour l’enfant, traditionnellement accompagné du doucereux son d’une cornemuse bien accordée lancée à pleine puissance.  L’ Angelot commence à être fatigué et nous le fait savoir poliment :

– Je veux rentrer au camping, j’en ai marre de marcher, ça m’saoul.

– On a encore d’autre chose à voir Robin, nous allons marcher un petit peu et puis nous pouvons aller voir le Holyroodhouse palace gratuitement !

Je découvre avec circonspection que le mot « gratuitement » n’a aucun effet sur un enfant de 7 ans. Il faut le savoir.  Et autres remarques, la phrase « visiter le palace » à l’effet inverse de celui qu’il produit chez l’adulte. Le mot « holyrood » ne lui fait pas penser à « Holywood » comme tout le monde, et par conséquent ne le fait pas rêver.  Son bonheur est différent du nôtre, je ne suis plus à une « lapalissade » prés.

Nous avons marché quarante-cinq minutes supplémentaires pour trouver le palace, avec la bonne humeur caractéristique de l’enfant qui fait les choses à contrecœur.  Pour finalement nous rendre compte que ce site ne fait pas parti des « attractions » que l’on peut visiter gratuitement avec le super Pass. Heureusement je trouve sur le vif une parade que beaucoup trouveraient médiocre, mais qui fera bien l’affaire me dis-je :

– Ah les rues d’Édimbourg ! C’était vraiment magnifique ! Vous ne trouvez pas ? Par contre il faut retrouver l’arrêt de bus maintenant, et vite !

La pluie arrive à point nommée, et par un jeu d’amplitude thermique les douze degrés se transforment instantanément en neuf degrés, le petit éternue et mes cheveux trempés jusqu’à l’os me rapprochent un peu plus du lévrier afghan. Je me rends devant cette évidence qui m’attrape et file un uppercut à mes idées toutes faites : « libérez-vous des méandres de l’organisation et en moins de dix minutes, votre belle liberté vous plaque au sol et vous humilie devant tout le monde.” Une nouvelle réalité, objective et droite dans ses bottes se dresse devant moi. Je suis très agacée, un peu entre déni et colère, je ne sais pas mais, s’en est trop !  Le Capitaine refuse de nous guider à nouveau, et par fierté, je refuse de me servir de l’oiseau de GPS !  Voilà deux têtes de mules, ou têtes de lévriers mouillés, libres mais en perdition. Poussée par le besoin de renter à la maison, j’utilise savamment le plan du centre-ville récupéré pendant la visite du château.  Comme le dit l’adage, pourquoi faire simple ?  Eh bien, contre toute attente ce fut assez efficace !  Trente minutes de marche finale pour retrouver l’arrêt de bus.  Au diable la technologie !

L’heure avancée nous mène tout droit au repas du soir. Cela tombe bien, j’ai acheté quelques tranches de jambon et Margareth nous attendait-là !  Nous nous engouffrons dans son ventre, quittons nos vestes pour les flanquer à l’arrière, et plus personne de bouge à part celle qui est chargée du repas.  Table coulissante en position : c’est partiAu menu, je vous propose :

– Un excellent jambon purée.

– Ça vous va ?

Un « oui ouai » collectif retenti et je me mets au boulot.  Alors, il me faut : le jambon, il est là, posé sur le frigo.  Du lait pour la purée, dans le placard du bas.  En deux mouvements j’exécute un « déhanché-plié » à faire pâlir une danseuse de tango.  Mais cette fois-ci, je reste sous la table.  Il est vrai que la position n’est pas tenable plus d’une minute, mais cela suffira à faire passer l’ensemble des casseroles et autres aliments au capitaine, qui à son tour, pourra les rendre accessibles.

Je suis bien verrouillée au sol, mon tronc pivote, et dans un gracieux glissement exécuté avec les bras, je bascule les assiettes à mon cavalier, je tourne, je balance, le transfert du poids se fait donc en direction de mon partenaire en cadence. À son tour, le haut de son corps guidé par un léger pivotement du pied gauche, se positionne pour placer correctement l’ustensile.  Nous enchaînons les gestes rythmés dans une chorégraphie parfaite !  En langage industriel, on appelle cela du Taylorisme, et je valide ici son efficacité.  En remontant, surtout, je pense bien à effectuer l’inclinaison pour ne pas toucher le plateau de la table.

La tablette coulissante n’est pas tout à fait assez grande pour accueillir nos trois couverts, plus les paquets que j’avais sortis en vrac.  Le repas, qui est donc un moment privilégié et convivial, est entrecoupé de « attention ! », « tiens ton assiette », « qu’est-ce que tu fais ? », « dis-moi ce que tu veux plutôt », mais contre toutes attentes, au fur et à mesure, avec le temps, nous trouvons nos marques, et tout cela devient implicite et plus harmonieux.  Le baroudeur est tout de même assujetti à une forme de rigueur malgré lui. Voilà un bon sujet de réflexion avant d’aller se coucher, allons-nous reposer maintenant.

Le forfait du camping comprend une nuit et un départ le lendemain avant midi. Le lever de neuf heures ne nous laisse que trois heures pour le petit-déjeuner et la douche.  Ça va être juste pensais-je à ce moment-là, car ce que l’on fait tous les jours à la maison en une heure chrono, prend facilement trois heures en vacances.  Après tout c’est logique, on prend toujours plus son temps en vacances, c’est bien connu…

La première chose à faire est de replier les lits pour libérer l’espace nécessaire au petit-déjeuner.  Le matelas qui accueille les occupants du bas, subit le sort de l’assistante du magicien, plié en trois, il épouse parfaitement la plateforme arrière.  Les précautions habituellement prises pour le rangement des affaires de nuit sont oubliées.  Les duvets et les oreillers sont fouettés et tassés violemment, à deux, nous bourrons la plage arrière avec.  Punaise !  Mais ça serait quand même pas plus simple de réserver l’hôtel et de laisser le petit personnel gérer les basses besognes ?

Malgré tout l’opération amuse beaucoup le petit, il est souvent là où on ne l’attend pas ! Il se joint à nous et pousse avec ses pieds, pensant créer une émulation dans le jeu, malgré ses efforts le désordre s’installe et remplace l’ordre que nous tentons d’obtenir :

– Robin, descends d’ici s’il te plait ! Crions-nous excédés, et en sueur.

Le dossier de la banquette se relève en position assise en tirant sur une cordelette, sorte de lacet, bien pensé et efficace bien qu’il nous lacère les mains à chaque tentative.  Pour cette manœuvre, qui demande quelques aptitudes physiques : il faut être grand, avoir de la force. Les mains légèrement calées sont un atout.  Rapidité et précision sont de mise.  Dans ces cas-là, mieux vaut avoir son Homo-scientificus sous la main.  En effet, lui-même plié aux deux tiers, il parvient avec un certain brio à remonter le dossier en tirant sur le lacet de la main droite, il déverrouille le système de blocage en position lit, puis, sans lâcher la prise, attrapant de sa main gauche l’angle supérieur de la banquette, qui est relativement loin du lacet, il tire vers lui le dossier.  Une certaine appréhension s’installe à chaque fois, puisque le dossier une fois débloqué, revient assez vite dans sa position initiale, comme les tapettes à souris capables de trancher une gorge en moins de trois millisecondes.  Mais cela n’arrive jamais heureusement !  Reste plus qu’à faire coulisser l’ensemble vers le fond, et nous voilà prêts pour préparer le petit-déjeuner.

Le capitaine descend à son tour, s’époussetant les mains, il bombe le torse assez fier de lui. La cuisinière le regarde l’œil amoureux et amusé.  Elle le remplace et se met en position.  Table coulissante : o.k., je prends ma respiration, j’allais, à ce moment-là, valser sous la table quand tout à coup, une idée de génie jaillit de ma cervelle comme un diable sur ressort :

#Evite-mon-écueil : Mais pourquoi installe-t-on la table en premier ? Je sors l’ensemble de nos ustensiles, le chocolat et autres brioches du placard, et après seulement, je tire la tablette ! j’évite ainsi le voyage au cœur des pénombres, pliée-vissée au sol !

Pourquoi n’y avait-on pas pensé avant ?  C’est pourtant si évident !  Mais soyons indulgent avec nous-même, n’a-t-on pas dit la même chose du « E=Mc2 » d’Einstein ?  La musique de Mozart ne nous semble-t-elle pas familière dès la première écoute ?  Et bien nous sommes comme des génies, qui ne voient pas l’évidence juste sous nos yeux, et cette évidence-là, va me tirer d’un mauvais pas, ou d’un mauvais tour de reins.

Le tango quotidien est vite remplacé par un solo accroupi.  Fini les tortillages et les effets de style, les mouvements sont plus directs, nous avons éliminés les manipulations inutiles.  En langage industriel, on appelle ça le LEAN qui signifie « maigre », on peut dire que Taylor n’avait pas tout à fait fini son concept, et qu’il y avait encore moyen de gagner du temps en faisant une chasse au gaspillage. Elle contribue forcement au bonheur dans sa facette minimaliste, simplificatrice ! Mais allons-y enfin ! Simplifions-nous la vie !

Voilà, nous pouvons manger tranquille. Le repas est bien calé dans nos estomacs, et pour aller nous doucher nous repassons par la case « refus de l’Angelot » que le capitaine règle avec fermeté.  Il extirpe le nécessaire de toilette et les affaires de rechange du placard, qui vomit toujours quand on l’ouvre sans prendre la précaution d’introduire la main dans la fente dès le premier millimètre d’ouverture.

Adam, un poil excédé par l’attitude désagréable de l’Angelot, attrape les serviettes lorsque, sa tête heurte l’un des quatre-cents angles présents à l’intérieur du véhicule. Oulala ! J’ai mal pour lui ! Il y a déjà un hématome. Il me laisse le soin de ramasser l’ensemble, puis reprend la gestion de l’Angelot comme il aurait géré un baluchon de linge sale.  Emmené de force à la douche, le petit se débat, mais n’obtient pas un sourcillement de son père.  Pendant ce temps-là, je m’équipe à mon tour, mais j’attends leur retour pour aller aux douches, craignant un vol, ou une effraction…  Ils n’ont pas la clef du Van avec eux.  Les touristes sont des proies évidentes pour les malfrats…ça aussi, c’est bien connu. Nous sommes prêts à partir, il est 11h30 :

– Adam ? Où sont les clefs du véhicule ?

– C’est toi qui les as. Affirme-t-il inquiet en réalité

#Evite-mon-écueil : Surtout, pensez à un emplacement précis pour ranger les clés. C’est une question de vie ou de mort.

Nous entrons à ce moment-là dans l’une des phases les plus critiques de notre histoire.  Sans clef, pas de départ, sans départ pas de voyage, sans voyage pas de liberté ni d’apéro de voisins.  Nous nous mettons à chercher frénétiquement les clefs dans tout le véhicule sans omettre certaines précautions : d’abord les surfaces directement visibles, le tableau de bord, le contact, les sièges. Mais le stress vous rattrape toujours dans ces cas-là, non ? Oublions les précautions superficielles qui nous font perdre du temps et cherchons tous azimuts.  Le placard, dans l’unique tiroir, la trousse de toilette, sous les sièges…  Robin nous aide :

– Je les ai Maman ! … Nan ce n’est pas vrai ! Crie-t-il me faisant échapper de justesse à une crise cardiaque. 

Aucune option n’est écartée : le réfrigérateur, paquets de céréales peut-être dans la boîte à café ?

– AH ! Je sais où elles sont !  Réaffirme Robin

– Où ? Répondis-je sans réfléchir.

– Elles sont … Je sais pas !

Les enfants de sept ans adorent énerver leurs parents, surtout dans les pires moments.  Ceci également : Il faut le savoir.

Où sont les clefs du Van ?…

Impossible de remettre la main dessus.  Ce n’est qu’au bout de vingt minutes que nous prenons l’irréversible décision de vider nos affaires du Van : entièrement ! Nous ne voyons aucune autre solution.  Aller Diable ! Courage. Nous prenons une grande application à tout flanquer par terre sur l’herbe humide.  Ceci étant la version édulcorée de la scène. La vraie scène elle pourrait être comparée à un acte de guerre.  Les bombes sont tirées en hauteur, en masse et dans tous les sens.  Les munitions fusent de toutes parts, colorant le ciel de mille feux, chaussettes, slips, brosses à dents terminent leur course au sol et explosent comme le kaki trop mûr qui se détache de sa branche.  Sans nous en rendre compte, toute notre vie privée s’exhibe sur la place publique, procurant ainsi un bon divertissement à l’ensemble du camping, qui se fait une joie de cette animation inattendue. C’est Noël pour un jeune chien, qui s’approche sans ambages et saisit dans sa mâchoire tout ce qui tombe du ciel ! Àce moment-là, je suis concentrée sur mon ouvrage, mais à l’instant où son grognement me parvient, c’est la curiosité qui prend le dessus.  Je me retourne et le surprends en train de secouer ma trousse de toilette entre ses dents, cherchant à lui ôter la vie !  Par effet cinétique, tout son contenu vol à son tour, donnant aux spectateurs une nouvelle source d’attraction :

– NON ! Criais-je au chien qui prend ses pattes à son cou.  Il file à toute allure avec le trophée dans la mâchoire.

       Le chien est Néerlandais, sa propriétaire lui assène de fermes directives mais curieusement la bête s’en contre-fiche.  Elle lui court après, et l’Angelot, qui adore les chiens Néerlandais, trouve une nouvelle occasion de s’amuser et tente de le rattraper également :

– Robin, reviens là ! criais-je m’égosillant.  Le toutou n’est pas français, et ne comprend pas quand tu l’appelles !  En fait, comprendrait-il mieux sa langue maternelle ?

J’abandonne l’idée lorsque je me rends compte qu’il est déjà bien loin et court plus vite que la néerlandaise. Bon pas grave, je retourne au travail, et pendant ce temps-là, le capitaine qui « va jusqu’au bout », fini de cureter le ventre de notre dame de fer. Je pivote sur moi-même et j’observe interloquée le sol qui est constellé de nos effets personnels.

Le petit est à l’autre bout du camping, le chien ayant retrouvé ses pénates s’était arrêté de courir.  Je ne peux pas le laisser là-bas seul avec le cabot à mâchoire de squale, j’y vais.  Une minute après, rejoins par la dame néerlandaise, le chien fera l’objet d’une clef de judo qui le plaque au sol.  Il n’a aucune chance mais la trousse reste rivetée dans sa mâchoire un certain temps. Qu’à cela ne tienne !  La dame à plus d’une clef dans son sac et opte habillement pour une autre stratégie. Il s’agit d’une « prise ostéopathique » encore assez peu répandue de nos jours : un décapsulage mandibulaire.  Après avoir empoigné la bête par la nuque, elle plante son pouce dans l’angle de la mâchoire, sous l’œil interloqué de Robin et le force ainsi à lâcher le morceau : « la trousse déchiquetée sera rendue aux pauvres touristes Français coûte que coûte ».

Cette femme est une sacrée personnalité ! Je récupère Robin et ma trousse en lambeaux, remercie bien la dame en baissant la tête comme une japonaise, puis retournons vite voir Margareth.  Je prends toute la mesure du désastre.  Nous n’avons toujours pas les clefs !

Le Capitaine qui ne perd pas le Nord discute du problème avec des inconnus, qui ne savent pas comment nous aider.  Puis contre toute attente, c’est la dame allemande des sanitaires et qui fait peur, qui vient en premier à notre rescousse.  Levant et secouant sans gêne nos vêtements un à un, peut-être aura-t-elle une chance de faire tomber ces clefs ? Puis deux autres personnes s’y mettent.  Un couple va et revient avec deux cafés bien chauds pendant que la Néerlandaise fait jouer le petit avec l’animal à la mâchoire tranchante. Sous nos yeux ébahis, une véritable chaîne de solidarité collective se met en place.  Il est déjà douze heures trente, nous avons dépassé l’heure légale du départ !  Il est vrai qu’à ce moment-là, nous ne savions plus par quel bout prendre le problème. Le propriétaire du camping va venir nous chercher avec des menottes si cela continue…Toujours pas de clefs. Adam prend les rênes et décide unilatéralement :

– Il faut que j’aille prévenir du problème à l’accueil.

À son retour, il est accompagné du dit propriétaire qui veut voir le spectacle de prés, puis il entre dans une nouvelle phase explicative.  C’est poussée par la honte, que je m’engouffre dans le Van et m’assoie lourdement sur la banquette.  « Non, je ne suis pas libre, je ne peux plus vaquer ou je veux, je n’ai pas d’assurance perte de clef et je suis énervée ».  Ma lourde tête tombe entre mes deux mains qui peinent à la retenir, je lève mes yeux et me liquéfie littéralement lorsque ces satanées clefs apparurent sous mes yeux, sagement posées sur le réfrigérateur en train de me chuchoter en ricanant « c’est toi qui nous a posé là tout à l’heure, ma jolie » !  L’évidence ne nous échappe-t-elle pas parfois ?  N’étant plus qu’une flaque sans relief, les sons refusent de sortir de ma gorge, je suis tétanisée :

– Elles sont là. Dis-je comme si je sortais d’une trachéite

– Mais ? Ce n’est pas possible !  Qui les a laissées là ?  Mais pourquoi ?  Et comment ?  C’est toi qui les a trouvées ? demandait le Capitaine.

Je cherche désespérément une diversion, rangeant les affaires une à une, il me fallu tout de même affronter tous les regards fustigeant comme châtiment.  Je les ai reçus comme des jets de pierre qui me scarifiaient le dos.  Heureusement, toujours opportune, la dame qui fait peur avança d’un pas et se mit à rire chaudement dans un très bon anglais :

– C’est ma tournée de café !

Deux heures s’écoulèrent dans une liesse indescriptible, un second petit-déjeuner avec de quoi se sustenter vraiment arrivait de tous les bords, comme si cela avait été planifié à l’avance.

Du café !  Le meilleur breuvage ! Il me réchauffera le corps et me réconfortera ! Tout ce stress a ouvert en moi une faille cérébrale, me voilà partie en élucubrations diverses, imaginant les flûtes irlandaises et les bodhrans qui viennent cadencer tout cela en musique … les allemandes danseraient en ronde avec leurs grandes nattes blondes comme dans une bande dessinée, pendant que les hommes trinqueraient faisant déborder le liquide de leurs chopines remplies à ras bord ; d’autres feraient cuire un mouton sur le feu et les enfants s’amuseraient en courant après le chien !

Il était temps pour nous de prendre la route.  Je remarque à ce stade de notre périple à quel point nos vacances sont marquées par l’inattendu, et à la fois, un poil éloigné de ce que j’avais imaginé. Comment un évènement aussi ridicule a-t-il pu prendre une telle proportion ?  Comment la disparition momentanée des clefs a-t-elle, à ce point, pu entraver notre tranquillité, l’apaisement, le bien-être, le bonheur ?  Nous faudrait-il désigner un endroit habituel pour ranger les clefs ?  Mais cela revient à s’organiser…  Pourquoi la vacuité ne se crée-t-elle pas non d’un chien ? Pourquoi !

Télécharger c’est pour vous !

CONCLUSION:

Article n°4 # Une manière de sortir gagnant de toutes situations, pensez « humain »

  1. Un moyen pratique de baisser la pression : Faites-vous confiance
  2. L’art de lever les yeux : regardez autour de vous. Il y a des gens

 

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