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Article n°5 # Les 3 secrets du vrai baroudeur

Par ici…

Influencés par le guide touristique, nous décidons de rejoindre Saint-Andrews par la côte Est.  Les éloges y sont éloquents et dressent un portrait idyllique du parcours. Une autre manière de persévérer dans l’idée que le bonheur peut s’y trouver, il suffit de penser que ce qui est indiqué est vrai, et le tour est joué.  C’est exactement dans ma cible, un bel endroit qui serait sans aucun doute vecteur de bien-être, et le bien-être comme source de bonheur.  C’est infaillible ce système, le guide nous dit que c’est beau, et le conditionnement fait le reste : si c’est beau, vous serez bien !  Reste à élucider la question de la vérité sur cette affaire : la nature, si belle soit-elle, a-t-elle objectivement le pouvoir de m’apporter du bonheur ?  D’ou la question soulevée par certains philosophes sur l’expérience de la beauté, transcende-t-elle le réel ? La beauté a-t-elle un rôle à jouer dans l’atteinte du bonheur ? Finalement, en y réfléchissant bien ça à l’air plus compliqué que cela. Il s’agit uniquement d’esthétisme et l’esthétisme revêt cette connotation de « superficialité ». Au mieux le guide me fait une promesse qu’il sait ne pouvoir réellement tenir. Juste pour vendre alors ? D’ailleurs il s’en fiche pas mal, il compte peut-être sur ma crédulité et c’est tout. La nature sera belle, c’est sûr, mais qu’est ce qui garantit que quelque chose d’extérieur à moi, le simple fait d’être baignée dans la verdure foisonnante, va me faire sentir bien ?  Le bonheur par le beau et la tranquillité, le mieux dans ces cas-là, c’est l’expérimentation !  Cette tranquillité puisse-t-elle s’évertuer à m’échapper, sera prise à revers.  L’astuce consiste ici à s’immerger dans un endroit paisible par nature, aucune action n’est requise, c’est la tranquillité qui viendra à nous directement ! Plus besoin de chercher. J’aurais donc passé la première partie de ma vie à courir après le bonheur alors qu’en fait c’est lui qui viendrait à moi. Question tournure d’esprit me dis-je. 

#Evite-mon-écueil : Ne négligez pas les facteurs sensoriels dans leur pouvoir apaisant…au contraire soyez-y attentif.

Après avoir soigneusement rangé le guide au meilleur endroit, c’est-à-dire précisément celui dont on se dit toujours : « en le rangeant ici, je suis sûre de me souvenir où il sera quand j’en aurais besoin » et, s’étonner neuf fois sur dix de bien se rappeler l’avoir posé au « meilleur endroit possible », mais plus rarement de l’idéale localisation !  Malgré tout, sûre de cette infaillible logique, je persiste et le range en bonne place. J’obéissais aux dictats d’une éducation bien menée.  

 #Evite-mon-écueil : Ne faîtes jamais cela. Cette logique se répète autant de fois que vous possédez de petits objets. Choisissez un endroit précis dès le départ, prévenez tout le monde et soyez rigoureux.

Dans la même lignée, nous programmons notre route, toujours chacun de notre côté, chacun avec son outil préféré.  Je m’interroge alors : La nature de l’homme est-elle ainsi faite que nous voulons toujours avoir le dernier mot ?  Nous sommes enfermé dans une mécanique qui nous entraîne toujours dans les mêmes travers. Une toile d’araignée neurologique qui emprisonne notre liberté !  Qu’est-ce qui nous pousse à reproduire notre schéma de fonctionnement de façon si systématique ? Je digresse encore ! Je me pose trop de questions comme diraient mon manager, mon psy, ma mère, ma copine Nelly… et je me demande si mon chat ne se demande pas si je me pose trop de questions aussi. Et, aujourd’hui ne sera pas le jour des réponses, car une bonne nouvelle nous parvient et stoppe ma réflexion : Les deux GPS indiquent le même itinéraire ! Et pour cause, il n’y a qu’une route qui longe la côte.  Mais tout de même c’est une bonne nouvelle ça ! Nous ne cachons pas notre soulagement et notre joie !  Malgré tout, non, je ne peux décemment pas appeler cela le bonheur !  Ça fait un peu juste…  Prenons la route.  

Elle me berce, la place du passager !  Elle est apaisante et me donne l’occasion de partir dans d’autres questions existentielles. Me posant ainsi, j’ai le sentiment que ce voyage se transforme en une palpitante exploration au gré du hasard des situations que l’on rencontre.  Et malgré l’image très glamour de la chose, l’explorateur étant rarement peinard, ce n’est pas compatible avec la tranquillité recherchée.  C’est même l’inverse de la tranquillité en ce constat que l’explorateur est toujours en mouvement, que le mouvement engendre forcément des imprévus, que ces imprévus engendrent forcément des actions correctrices, et ces actions correctrices, des recadrages dans le droit chemin de nos habitudes.  À la moindre carence de repères, nous avançons en aveugle avec l’absence de sentiment qui caractérise le robot. Nous voilà téléguidés jusqu’au GPS le plus proche, qui nous rassure à grand renfort d’algorithmes.  Le GPS n’est finalement rien d’autre qu’un repère spatio-temporel programmé avec des routines ! La routine, voilà un mot bien désuet qui nous renvoie une nouvelle fois aux habitudes, non d’un hamster !  Je m’arrête un instant sur cette évidence, et la pousse un peu plus loin : ces habitudes me courent après, impossible de les semer, la roue perpétue dans une identique récurrence circulaire, un cycle confortable et rassurant.  Tout droit, toujours et encore tout droit, je suis un misérable hamster contemporain, qui tourne dans sa roue, flanqué d’un GPS et d’un agenda ! Ça n’a pas de sens !  Ôter de sa vie tout ce qui ressemble de près ou de loin à un repère, comme la planification, les habitudes ou autres est en réalité un défi dont je n’avais pas mesuré la difficulté.

L’évidente conclusion s’impose à moi : Vider son agenda c’est comme tirer la chasse d’eau : une grande fierté vous emplit lorsque vous voyez ces saletés partir au loin avec perte et fracas, place nette et soulagement vont bon train, pendant que le fourbe réservoir, situé dans votre dos, s’emploie à s’auto remplir comme un salaud !  « La nature a horreur du vide », le planning et les toilettes aussi !  Je le décide bien pourtant !  Je ne veux pas être le hamster qui avance selon la routine algorithmique. Ce stupide rongeur à peut-être des dents, mais contrairement à moi, il n’a aucun libre-arbitre. Je stoppe à nouveau ma réflexion, le temps d’écouter l’écho du mot « libre-arbitre ». Il raisonne et gonfle mon égo faisant naître comme une lueur, celle de l’Eureka du génie. Pour atteindre mon objectif rien de telle qu’une décision en bonne et due forme : je dois m’apaiser pour y voir plus clair et le bien être viendra à moi sans m’avoir coûté le moindre effort, c’est ça… Pour m’apaiser je ne dois poursuivre aucun but, laisser les imprévus inonder mes journées, les accueillir comme des bons vieux pots du lycée, à la limite leur refiler le GPS pour éviter de tomber dans la prise de repère névrotique, et laisser faire !

#Evite-mon-écueil : Votre cerveau est programmé depuis votre naissance pour vous garder en vie. Il vous ramènera toujours vers vos habitudes, c’est une question de survie. Observez le faire.

Aimeriez-vous devenir un agréable causeur ?

Je fais le point avec l’intention de valider ma théorie avec du concret. Il y a bien eu dans ce voyage, des choses nouvelles, des imprévus, que j’ai laissé venir à moi et dont je puis affirmer que le bénéfice net en fut positif.  Voici le bon côté des choses, il est vrai que nous nous sentons un petit peu comme des baroudeurs.  Il faut trouver la nourriture qui nous permet de survivre dans ce terrain hostile, nous devons sonder chaque sentier afin d’éviter les pièges à touristes qui nous sont régulièrement tendus.  Nous traçons notre chemin selon l’envie du jour, sans nous préoccuper des contraintes, subsistant avec l’essentiel.  Nous verrons bien ce qui arrivera, si toutefois quelque chose devait arriver.  Par ailleurs, la beauté incarnée est sous mes yeux depuis le début, avait-elle pu m’échapper ? Mon capitaine est plus beau que jamais, le visage orné cette barbe de trois jours qui donne toujours aux hommes l’air de bien vieillir, elle suggère quelque chose comme « je suis mature, j’en ai vu plus d’une, je suis sexy et assez sûr de moi pour me négliger un peu».  Ses rides d’expressions qui contournent finement ses yeux, doublées d’une coupe de cheveux poivre et sel savamment négligée, ne font qu’accentuer l’intensité du message.  

Ainsi, je prends conscience avec effroi de l’influence encore prégnante des stéréotypes dont nous sommes imbibés depuis le début de notre existence. J’avais pourtant toujours rêvé de ne pas être un prototype de la ménagère lambda, mais j’ai coulé dans le moule. Si je coule encore que se produira-t-il ? Et je pense immédiatement à une amélioration que nous pourrions apporter à notre quotidien : La télévision, en grande prêtresse de la bonne parole nous gave de bon, de beau et de bien, nos cervelles sont des jambons pris en sandwich entre le canapé et l’écran.  Alors que je cherche à me mettre hors de portée. J’exhorte quotidiennement mon fils à se détacher de cette nourriture avilissante, et même si c’est un combat de longue durée, je suis convaincue que mes consignes sont enregistrées dans sa mémoire interne catégorie : « ce que ma mère me dit », sous-sous-catégorie, un peu fourre-tout : « Pas urgent du tout ».  Cette escalade cogitative était la bonne et le besoin d’agir vrombissait. En tant que baroudeur, on est prêt à tout tenter et la question doit être abordée avec le chef de famille.  C’est le bon moment :

– Adam ?  Ne penses-tu pas que nous devrions retirer la télévision du salon ?  Proposais-je comme un cheveu sur la soupe.

– Attends !  Je me suis gouré de route dans le rond-point !  Ce n’est pas la bonne sortie !  Geint-il comme s’il attendait de l’aide.  N’en attendant aucune en réalité.

C’est du moins ce que l’on peut penser.  Seulement voilà, l’homo-scientificus traque son but comme une proie, et rien ne doit venir le divertir sous peine d’être dédaigné, ou au pire, pris pour cible dans une cause qui vous est étrangère.  En conséquence, je patiente sagement dans mon coin, le temps d’un demi-tour rondement mené.  Puis je reprends là où j’en étais, dans l’obstination qui me caractérisait, sachant que le moment n’était évidemment pas le meilleur : 

– La télé ?  Si on la déplaçait ?

– Quelle télé ?  On n’a pas de télé. 

– Non, tu sais, je crois que pour Robin ça n’est pas une très bonne chose de le laisser regarder ces dessins animés, même à petite dose, finalement on en a pas besoin.

– Tu peux vérifier sur ton GPS, « l’oiseau » indique le Nord alors que nous devrions aller vers l’Est.  Dit-il occultant ma question.

– Le mien n’indique pas l’azimut, désolé. Traduisez :  « Réponds à ma question d’abord s‘il te plaît ». 

Troublé par ces questions d’orientation, le capitaine n’est visiblement pas à l’écoute, mais possédée par une force extérieure, je continue mon interrogatoire.  Après tout, ne sommes-nous pas des baroudeurs ?  Les baroudeurs n’ont avec eux que de l’eau pour boire, de l’air pour respirer, une barbe de trois jours et … un fouet ?  Et selon moi, à ce moment précis, l’orientation m’apparaît comme toutes ces choses superficielles qui polluent notre tranquillité, j’ai vraiment une dent contre ce GPS !  Pas besoin d’orientation, obsédée, j’enfonce le clou : 

– Donc, je disais, la télévision pourrait être déplacée en bas.  Comme ça notre fils n’irait pas systématiquement se planter les yeux dans l’écran. 

L’homme me sourit, arrête le véhicule sur le bas-côté, déclipsant sa ceinture à la volée :

– Prends le volant s’il te plaît, comme ça je vais pouvoir réfléchir à ta question. 

– On est perdu ? S’inquiète le petit.

– Non, ne crains rien, on se relaye pour la route.  Répondis-je pour noyer le poisson.

#Evite-mon-écueil : En toute circonstance, sachez écouter attentivement et encouragez l’autre à s’exprimer. L’effet collatéral sera immédiat, il vous écoutera en retour.

Cela ne fait rien, je prends le volant et je vais lui demander une nouvelle fois.  Mais avant même d’avoir ouvert la bouche, comme s’il avait anticipé ma névrose, il s’empare de l’oiseau, lui serrant le gosier, pour lui faire cracher notre position. Le diagnostic tombe sans plus attendre : La puce GPS s’est déconnectée toute seule, l’oiseau est « aux fraises » selon l’expression consacrée.  Traduire : Il faut redémarrer l’application et reprendre la programmation. C’est chose faite moins de deux minutes plus tard. 

– Ça y est ?  Puis-je te poser ma question maintenant ?

– C’est bon, répond-il.  Je souris, jusqu’à ce qu’il ajoute : 

– On est bien à l’Est.

– Oui, merci.  Nous avons simplement suivi la route principale qui mène à Saint Andrews par la côte. Cette fois-ci je laisse tomber ma question.  Ce dialogue de sourds m’a épuisé.  

Pour être partout en harmonie où que vous soyez

Mes yeux se décollent de la route, pour observer ces fantastiques tapis herbeux tondus carrés et au cordeau, qui accueillent des gens avec des pantalons à motifs géométriques assortis à la pelouse.  Quand tout à coup, le panneau d’indication de la commune apparait : Saint-Andrews – Berceau du Golf.  Chouette !

Le guide National Geographic, qui nous déçoit un peu par son côté carte postale publicitaire, nous mène au château et à la Cathédrale, monuments à ne surtout pas manquer, car leur histoire chargée de spécificités religieuses, donna tout son sens à la construction du pays.  Nous tenons un sujet pour l’apéro des voisins, nous y allons, fringants.La présentation du Pass à soixante-trois euros au lieu de quatre-vingts à la caisse de l’entrée du château nous donne toujours l’air d’être des VIP. Toutes choses étant égales par ailleurs, la nature humaine se contente de peu de choses tout de même, me dis-je à ce moment-là !  Ils savent faire durer le suspens en Écosse, car avant de pénétrer le château, nous parcourons des couloirs en lacets préalablement aménagés pour les visiteurs. Toute l’histoire de Saint Andrews s’y déroule sur différents supports : des panneaux ornés de récits historiques en lettres gothiques, des statues de cires mimant les scènes importantes de l’histoire accompagnées de fonds sonores jusqu’à l’entrée du château. Le chevalier qui sommeille en tout enfant de sept ans trépigne d’impatience, la cour du château est son terrain de jeu favori et rien ne saurait lui barrer la route ! Son père décide instantanément de lui traduire les deux mille six cent soixante-dix-huit lignes que forment les panneaux explicatifs. Quelle bonne idée. Je ne parvins pas à réfréner mon envie de commenter intérieurement chaque passage : 

– Il était une fois, des Pictes formés en bastion, qui vivaient dans un hameau. Entama-t-il dès le premier panneau. 

– C’est quoi des Pictes ? 

– Les Pictes, mon fils, se sont des…

– Et c’est qui Bastion ? 

– Attends deux secondes que je t’explique les Pictes s’il te plaît. (intéressant, pensais-je me gardant bien d’ouvrir la bouche). 

– Les Pictes sont les gens qui habitaient ici, il y a bien longtemps. Continua-t-il tranquillement avec patience. Nous savons peu de choses sur les Pictes, car leur histoire s’est perpétuée à travers les âges selon de nombreuses légendes. En tout cas, ce sont eux qui ont commencé à désigner la ville comme centre du culte d’un Saint, appelé Saint-André. Tu vois en anglais Saint-Andrews, ça veut dire Saint-André. Poursuit-il.

Le petit regarde son père les yeux fixes, mandibule déchaussée. J’ai du mal à y croire, je ne suis pas sûre de tout comprendre moi-même, et me réjouis de la fascination qu’il semble porter à ce récit. Va mon fils ! Rempli ta base de données interne, imbibe ta cervelle toute spongieuse de ce jus. Il fermentera des années durant, et le précieux liquide arrivé à maturité pourra être recraché à qui voudra bien l’entendre dans les milieux dont on dit qu’ils sont bien informés. Adam poursuit : 

– Il y avait aussi les Scots, un autre peuple qui venait d’une île à côté de l’Angleterre. Bref, un jour les Pictes et les Scots fusionnent leurs églises faisant de Saint-Andrews, le plus important évêché d’Écosse. En clair, vois-tu, Saint-Andrews devient la ville catholique la plus importante d’Écosse.

Le petit écoute toujours intensément et de mon côté, je compte : ligne deux, panneau un sur vingt-cinq.

– Seulement voilà, à cette époque, les Catholiques, très riches et très puissants menaient une vie confortable et opulente. Alors que le peuple était très pauvre.

Tout cela est passionnant, pensais-je à cet instant, et l’idée d’aller à la boutique de souvenirs vient me caresser l’esprit, faisant ressurgir un vieux fantasme : trouver à coup sûr de quoi faire plaisir à mon entourage, ne déboursant que quelques Livres, pour un objet unique et chargé d’histoire ! La tentation est grande, mais très vite rattrapée par le sens des responsabilités, je renonce. Quitter les lieux en plein récit historique pour aller consommer, pourrait constituer un contre signe pour Robin, et puis la bienséance impose un minimum de respect pour le travail laborieux réalisé par le traducteur conteur. J’affiche donc mon air intéressé. 

– En plus, un groupe de rebelles appartenant à une autre confession, se révolta, et assassina l’archevêque de Saint-Andrews au sein même de son château ! 

– C’est qui l’archevêque ? L’archevêque Beaton. Reprend le patient papa. L’histoire se poursuit lorsque les… 

– Comment il s’appelle ? 

– Qui ça ? 

– L’archevêque Beaton. C’est l’archevêque Beaton

– C’est son nom ?

– Oui Robin. Donc l’histoire qui va suivre est encore plus impressionnante quand John Knox…

– C’est l’archevêque Beaton ?

– Tu veux savoir la suite Robin ?

– Oui.

– John Knox, que tu vois ici en statue de cire, était calviniste et …

– Ah bon ?  Ce n’était pas l’archevêque ?

– Attends, je vais t’expliquer…

#Evite-mon-écueil : A la grande question « comment stimuler l’être humain ? » Je répondrais simplement par : éveillez d’abord chez lui l’ardent désir . L’imagination fera le reste. Rien de tel que votre propre imagination comme gage d’atteinte de votre idéal

J’esquissais un geste de tendresse à mon fils en rabattant une mèche de cheveux derrière son oreille. La situation me semblait familière, quelque chose d’identique de déjà vécu m’interpellait et le son de sa voix s’atténuait happée dans un second plan. A ce moment précis j’étais dans l’instant, la réalité, le présent. L’interminable récit se poursuivit en conjectures complexes jusqu’à ce que tout le monde finisse par perdre le fil de l’histoire.  Y compris le capitaine, qui s’était honorablement plié en quatre pour nous faire profiter de l’exposition.  Les enjeux de l’époque, les intrigues, les assassinats et horribles conditions de vie des prisonniers, avaient cependant réussi à maintenir le petit éveillé, bien que le sens général lui ait complètement échappé, chose qu’il m’avoua plus tard à l’abri des oreilles de son père.

Je comprends mieux la formidable réputation du château dont la visite contraste d’avec l’exposition.  Une véritable délivrance, un cadeau du ciel qui vient soulager du supplice précédent.  Enfin lorsque je parle de « château » c’est du moins ce qu’il en reste.  Les ruines sont avancées et laissent justes deviner les espaces dont pouvaient profiter les occupants :

–          C’est où le château ? Demanda pertinemment l’Angelot. 

–          C’était ici, tu vois ce que papa nous à raconter, ça s’est passé ici !

–          C’était immense quand même ! Dis-je m’adressant à Adam

–          Oh oui ! répondit Adam.

J’avance de deux pas dans l’herbe et quelques pierres empilées là, forment un angle. M’intéressant toujours :

–          Ici ça devait être la cuisine ?

Se tournant vers le panneau explicatif, Adam m’informe que non : 

–          Les latrines plutôt 

–          Je vois…  Bon on va à la Cathédrale ?  C’est dans le forfait !

CONCLUSION :

# Les 3 secrets du vrai baroudeur ?

  1. Notre esprit est un levier : approfondissez votre réflexion
  2. Devenez un bon causeur : fluidifiez les relations
  3. Entrez en harmonie avec les lieux : aidez-vous de votre imagination
 

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